lundi 4 novembre 2019

Notre président (actuel) fait la sourde oreille en jouant un rôle, il risque de le payer cher. 2018 n'est pas 1968...



Alors que, depuis 1958, de Gaulle paraît maîtriser l'ensemble des problèmes français et dominer l'événement, la crise de mai 1968 semble le prendre au dépourvu et le laisser désemparé jusqu'au moment où elle revêt un caractère politique qui menace la survie du régime. Il donne alors successivement une réponse politique à la crise avant de tenter de proposer des remèdes sociaux à ce qui lui apparaît comme une profonde crise de société.

Une crise inattendue et un pouvoir désemparé

Une explosion imprévue telle que de Gaulle l'analyse

  • Elle survient dans un pays prospère, en plein essor, où règne le calme, voire l'ennui.
  • Elle provient de la jeunesse, en particulier de la jeunesse universitaire, angoissée par son avenir et mal préparée à l'aborder par une université coupée des réalités et débordée par la massification de son recrutement.
  • Mais le malaise est plus général : il est lié aux mutations de la société qui accroît les biens matériels mais écrase l'homme dans un engrenage mécanique.
  • Enfin le malaise a été exploité par les groupuscules gauchistes et les syndicats politisés qui ont agi sur une opinion mise en condition par les journalistes et certains milieux intellectuels.

 

Un pouvoir politique débordé mais qui résiste dans la tempête

  • De Gaulle considère que durant une grande partie du mois de mai, il a été impossible d'agir tant la situation était "insaisissable".
  • Aussi s'est-il préoccupé d'assurer l'ordre sans effusion de sang et de jouer l'apaisement.
  • En attendant, le président assume sa charge en exerçant son rôle international par un voyage en Roumanie qu'il juge indispensable malgré les événements.
  • Au total, de Gaulle estime que le gouvernement a rempli son rôle en se montrant solide, déterminé et cohérent autour du chef de l'Etat.

 De Gaulle face à la crise

Si, durant la plus grande partie du mois de mai, le président de la République est resté silencieux en raison du caractère "insaisissable" de la situation, après son retour de Roumanie il prend la mesure de la crise et s'efforce de lui donner des réponses adaptées.

La réponse du 24 mai : les réformes nécessaires

  • Dans sa première intervention publique depuis le début de la crise, de Gaulle privilégie la compréhension à l'égard d'une agitation qu'il attribue au trouble de la jeunesse et aux mutations de la société.
  • Tout en affirmant la volonté du gouvernement d'assurer l'ordre, il juge que la réponse à la crise réside dans des réformes qui mettront en oeuvre la participation.
  • Aussi annonce-t-il la tenue d'un référendum destiné à approuver cette solution, mettant en balance son départ du pouvoir si les Français répondaient négativement.

La réponse des 29-30 mai : du découragement à la reprise en main

A partir du 27 mai, la crise, jusque-là universitaire et sociale, est entrée dans une phase politique du fait de la revendication du pouvoir par l'opposition de gauche qui souhaite la démission du général de Gaulle.
De fait, le 29 mai, de Gaulle disparaît et l'on n'apprendra que le lendemain qu'il s'est rendu à Baden-Baden auprès du Général Massu, commandant des forces françaises en Allemagne. Revenant sur cet épisode le 7 juin dans son entretien avec Michel Droit, il explique ce déplacement par son découragement devant la crise de mai et son intention de démissionner. Mais il n'est pas certain que le but n'était pas d'inquiéter l'opinion et de dramatiser la situation par le risque de vacance du pouvoir.

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