samedi 20 novembre 2010

Retraite et santé



Pour Emmanuel Macron, c’est du «bon sens». «On doit travailler plus longtemps parce qu’on vit plus longtemps», expliquait le chef de l’Etat en avril lors de sa première grande conférence de presse. Utilisé par les précédents gouvernements pour justifier chaque nouvelle réforme des retraites, l’argument devrait être repris par Edouard Philippe lorsqu’il dira s’il allonge la durée de cotisation ou s’il fixe un «âge pivot» pour rétablir l’équilibre du système de retraites actuel avant la grande bascule vers un régime universel par points. Le Premier ministre pourra piocher quelques idées dans le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) qu’il doit recevoir officiellement jeudi lorsqu’il s’agira d’inscrire des mesures dans le projet de loi du haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, programmé avant l’été. A l’approche de la mobilisation du 5 décembre, la gauche et les futurs manifestants ont d’autres arguments à faire valoir : «on vit plus longtemps», certes, mais plus forcément «en bonne santé».

Les ouvriers les plus touchés


C’est un fait : l’espérance de vie des Français augmente. En 2018, elle était, selon des chiffres publiés par la Drees (1) en octobre, de 85,3 ans pour une femme (près de trois ans gagnés depuis 1998) et 79,4 ans pour un homme (plus de quatre ans et demi en vingt ans). Mais si on s’attarde sur «le nombre d’années que peut espérer vivre une personne sans être limitée dans ses activités quotidiennes» (l’espérance de vie «en bonne santé»), on tombe à 64,5 ans pour les femmes et 63,4 ans pour les hommes. Au-dessus, certes, de l’actuel âge moyen de départ à la retraite : 62,4 ans pour les hommes et 63 ans pour les femmes selon la Caisse nationale d’assurance vieillesse.

Or, cet âge moyen de départ va augmenter, avec les allongements de durée de cotisation ou la mise en place d’un âge pivot. A l’inverse, l’espérance de vie en bonne santé stagne pour les hommes. Et pour les femmes, elle baisse.
Après avoir bondi de quatre ans entre le milieu des années 1990 et 2014, l’espérance de vie dite «sans incapacité» des hommes se maintient autour de 63 ans. Elle a même reculé entre 2014 et 2018. Et après un pic à 64,9 ans en 2017, cette même espérance de vie est retombée à 64,5 ans en 2018 pour les femmes. Résultat, si la France se situe dans le peloton de tête européen en ce qui concerne l’espérance de vie tout court, elle n’est que dans la moyenne lorsqu’on regarde les statistiques de la «bonne santé», loin derrière l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, la Suède, l’Irlande ou la Bulgarie....

dimanche 7 novembre 2010

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